Allaiter sur son lieu de travail ?
"Je viens de reprendre le travail après mon congé-maternité. Je me demande si je peux demander à mon patron de me laisser du temps pendant mes heures de travail pour allaiter mon fils ?"
Barbara, Genthod
Le principe de l’égalité entre femmes et hommes interdit toute discrimination basée sur le sexe dans la vie professionnelle. A ce titre, les femmes enceintes bénéficient d’une grande protection sur leur lieu de travail pendant leur grossesse, ainsi qu’après leur congé-maternité lorsqu’elles allaitent. L’employeur doit en effet veiller à la protection de leur santé et à celle de leur enfant et doit aménager leur place de travail de façon à ce qu’elles s’y sentent bien, conformément aux prescriptions de la loi sur le travail, de son ordonnance d’application et de l’ordonnance fédérale sur la protection de la maternité.
Tout au long de leur grossesse, les employées sont autorisées, sur simple avis, à ne pas se rendre sur leur lieu de travail ou à le quitter, lorsqu’elles l’estiment nécessaire. L’employeur ne peut pas leur demander de déplacer des charges lourdes ou les astreindre à des travaux qui les exposeraient au froid, à la chaleur, à l’humidité ou encore au bruit. Les femmes enceintes et celles qui allaitent ne peuvent pas travailler la nuit et leur temps de travail convenu contractuellement ne peut pas être prolongé. Pendant la grossesse et en période d’allaitement, les employées ne peuvent pas effectuer des tâches qui imposeraient des mouvements ou des postures fatigants ou encore un travail dont le rythme est dicté par une machine.
En ce qui concerne le temps consacré à l’allaitement, l’employeur est tenu de laisser à la mère qui allaite le temps nécessaire pour ce faire, tout au long de la première année de vie de l’enfant. Si la travailleuse a la possibilité d’allaiter son enfant sur son lieu de travail, l’intégralité du temps qu’elle y consacre est assimilé à du temps de travail, alors que si elle quitte son lieu de travail pour allaiter son enfant, seule la moitié du temps d’absence du bureau est considéré comme du temps de travail. La seconde moitié peut éventuellement être rattrapée ultérieurement, mais ne peut en aucun cas être imputée sur des périodes de repos, telles que les vacances.
Ainsi, de retour de votre congé-maternité, vous pouvez attendre de votre employeur qu’il vous laisse du temps afin d’allaiter votre enfant, jusqu’à ce que ce dernier fête son premier anniversaire. Si vous y employez par exemple une heure par jour sans vous déplacer, l’heure consacrée à l’allaitement ne devra en aucun cas être rattrapée. Cependant, si vous devez par hypothèse vous absenter pendant deux heures de votre lieu de travail, seule une heure pourra donner lieu à un éventuel rattrapage si votre employeur l’exige.