Il faut distinguer tombe et concession
"J'ai été stupéfait de lire dans votre dernière chronique qu'il n'est pas possible de conserver une tombe dans un cimetière genevois pour plus de 20 ans sans devoir la déplacer. Il me semble pourtant avoir vu de nombreuses tombes qui ont l'air plus anciennes que cela! Comment cela s'explique-t-il ?"
Un fidèle lecteur
Il convient de distinguer les tombes à la ligne et les concessions.
Les tombes à la ligne visent les inhumations qui ont lieu dans des fosses établies à la suite les unes des autres, dans un ordre régulier et déterminé d’avance, sans distinction d’origine ou de religion. Comme expliqué la semaine dernière dans ces colonnes, ces emplacements sont mis à disposition pour une durée de 20 ans, renouvelable à certaines conditions.
Par l’octroi d’une concession, l’ordre des sépultures peut être modifié ou interrompu, notamment lorsqu’une famille souhaite que le terrain occupé par la tombe de la personne décédée puisse être, lors de la première inhumation ou à l’issue du délai légal de 20 ans, réservé pour un terme plus long que le tour régulier des inhumations. L’ordre des sépultures régulier peut également être modifié par l’octroi d’une concession lorsqu’une personne de son vivant désire qu’une place déterminée lui soit réservée pour sa sépulture ou lorsqu’au décès d’une personne, sa famille désire que son corps soit inhumé dans une place déterminée autre que celle qu’elle devrait occuper dans l’ordre régulier.
La durée légale des concession est de 40 ans dans certains cimetières et davantage dans d'autres. Elles peuvent également être prolongées avec l’avantage que, contrairement aux tombes à la ligne, il n’est pas procédé à un déplacement de la sépulture, donc à une exhumation suivie d'une nouvelle inhumation. Elles ne peuvent cependant normalement pas être octroyées pour plus de 99 ans.Il sied toutefois de relever à cet égard une particularité s’agissant du cimetière des Rois, auquel ont accès les magistrats et les personnalités marquantes ayant contribué, par leur vie et leur activité, au rayonnement de Genève. C'est le Conseil administratif de la Ville de Genève qui statue sur la demande de concession et définit les conditions auxquelles elle est accordée. Lorsqu’une telle concession atteint l’échéance de 99 ans et que les circonstances le justifient, le Conseil d’Etat peut, d’accord avec le Conseil administratif, décider de maintenir une tombe, mais toujours pour une durée déterminée.