Père séparé de son fils : comment maintenir le lien ?
"Je suis séparé depuis pratiquement 2 ans de mon épouse qui va quitter le canton pour s’établir à plus de 90 minutes de route avec notre fils de 4 ans. Pour entretenir des relations « normales » de papa avec lui, j’ai pris congé tous les mercredis après-midi afin de pouvoir partager du temps et des loisirs. Mon épouse a-t-elle le droit de priver son fils de passer du temps avec son papa ?"
Laurent, Moutier
Si vous vivez séparé après être passé devant un juge des mesures protectrices de l’union conjugale pour régler les modalités de votre séparation, le droit de garde de votre enfant a été apparemment attribué à votre épouse. En revanche, si vous êtes mariés mais séparés de fait, sachez que les deux parents restent formellement tous deux détenteurs de l’autorité parentale et du droit de garde aussi longtemps qu’ils ne se sont pas engagés dans une procédure. Ainsi, les relations personnelles qu’entretient l’enfant avec le parent dont il ne partage pas la vie commune doivent être réglées d’un commun accord.
Dans le premier cas de figure, l’art. 273 du Code civil (CC) prescrit que le père ou la mère qui ne détient pas l’autorité parentale ou la garde a le droit d’entretenir avec l’enfant mineur les relations personnelles indiquées par les circonstances. Dans la pratique, on parle souvent de « droit de visite », mais les relations personnelles comprennent également les contacts téléphoniques et la correspondance. De plus, selon l’art. 274 CC, le père et la mère doivent veiller à ne pas perturber les relations de l’enfant avec l’autre parent. Même si vous ne pouvez pas vous opposer au déménagement, le Tribunal fédéral a admis que la mère qui, en changeant de domicile avec les enfants, crée intentionnellement un grand éloignement avec le père et de la sorte empêche les relations avec celui-ci et les enfants viole cette disposition légale, ce dont vous pouvez vous plaindre devant l’autorité tutélaire si vous ne parvenez pas à raisonner votre épouse.
Si vous vous trouvez dans le deuxième cas de figure, c’est plutôt le juge des mesures protectrices de l’union conjugale qu’il faut saisir en vertu de l’art. 176 CC en lui demandant d’ordonner les mesures nécessaires à la sauvegarde du bien-être de votre enfant dans le cadre de l’organisation de la vie séparée, par exemple en revendiquant sa garde si vous pouvez l’assumer.